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La schizophrénie
Comment faut-il se comporter?
Vue d'ensemble
La question " Comment doit-on se comporter envers une personne atteinte
de schizophrénie ou d'un trouble apparenté? " peut
paraître étrange. Cependant, la plupart des gens ne comprennent
pas ce qui fait qu'il est difficile de communiquer avec une personne atteinte
de l'une de ces maladies. Le public se sent gêné et les gens
ont parfois peur d'avoir une conversation avec une telle personne. Ce
feuillet présente quelques suggestions sur la façon de se
comporter. Il s'adresse aux familles aussi bien qu'au grand public.
Parlez lentement et clairement
Nous avons appris qu'en présence d'une personne atteinte de schizophrénie,
il faut parler lentement et clairement. Les phrases doivent être
courtes pour éviter qu'elles soient trop complexes et il faut faire
des pauses pour s'assurer que la personne comprend ce qu'on lui dit.
Pourquoi cette technique est-elle utile? Voici comment une personne atteinte
de schizophrénie s'explique : " Ma concentration fluctue tellement
que je n'entends qu'une partie de la phrase. Je perds quelques mots ici
et là. J'ai donc beaucoup de difficulté à comprendre
ce qu'on me dit. Il y a quelque temps, je suis sortie avec ma famille.
Nous avons rencontré d'autres familles et je pouvais entendre tout
ce que chacun disait à quelqu'un d'autre. Mais tous ces bruits
et tous ces gens parlant autour de moi me pénétraient à
tel point que je suis devenu effrayée. J'étais à
la fois agitée et irritée. Je ressentais le besoin de me
défendre d'une façon ou de l'autre. Mon père m'a
amenée dans un coin tranquille où nous avons tranquillement
bu une tasse de thé ensemble. Nous n'avons pas parlé du
problème. Nous avons simplement bu notre thé et j'ai commencé
à me sentir moins menacée. "
Offrez-lui une vie structurée et des instructions claires
Les personnes atteintes de schizophrénie ont besoin d'une vie structurée.
Une personne touchée par une maladie qui rend souvent la vie très
imprévisible se sent réconfortée par des habitudes
routinières et prévisibles. Il est utile de les aider à
se tracer un horaire régulier et un plan de quelques tâches
à accomplir à certains moments du jour ou de la semaine.
Cet objectif est-il réalisable? Pour certains malades, la schizophrénie
est très débilitante ou, du moins, elle le devient de temps
à autre. Ces personnes ne peuvent pas toujours suivre un horaire,
malgré le fait qu'il leur est avantageux d'essayer de suivre une
routine bien définie. Lorsque votre proche, votre client(e) ou
votre ami(e) tente de faire quelque chose, mais n'y arrive pas ou le fait
de travers, ce n'est pas une bonne idée de dire des choses comme
: " Tu peux rien faire correctement! " ou " Laisse-moi
m'en occuper! ", même si vous êtes très frustré(e).
Essayez de diviser les tâches en des étapes simples qui amélioreront
ses chances de réussir et lui donneront le sentiment de se rendre
utile. Ne donnez qu'une instruction à la fois.
Maintenez l'équilibre
Il se peut que vous vous sentiez parfois comme si vous marchiez sur une
mince couche de glace lorsqu'un proche ou quelqu'un que vous connaissez
traverse une période difficile. C'est à ce moment-là
qu'il vous faut rassembler toutes vos énergies pour conserver sa
confiance, tout en maintenant l'équilibre au foyer. Voici quelques
suggestions dans ce sens :
· Soyez aimable
· Soyez réceptif(ve)
· Sachez encourager
· Prenez le temps d'écouter
· Faites en sorte que la personne ne se sente pas exclue
· Traitez-la avec respect
Ces comportements devraient aussi être ceux qu'adopte le public
en général.
Mais, il faut éviter :
· d'être condescendant
· de critiquer
· de pousser la personne à faire une chose avec laquelle
elle n'est pas à l'aise
· de lui présenter un avenir sombre
· de se disputer avec elle ou en sa présence
· de la sermonner ou de trop parler
· de vous mettre dans une situation difficile avec elle.
En cas de crise
Tôt ou tard, une personne atteinte de schizophrénie connaît
une crise. Quand cela se produit, il y a certaines choses que vous pouvez
faire pour réduire les chances de désastre ou en éviter
un. Voici quelques suggestions :
· Souvenez-vous qu'il n'est pas possible de discuter raisonnablement
en présence d'une psychose aiguë.
· Rappelez-vous que la personne pourrait être terrifiée
par son propre sentiment de perte de contrôle.
· Ne manifestez pas votre colère.
· N'élevez pas la voix.
· N'ayez pas recours au sarcasme.
· Éliminez les sources de distraction et de bruits : la
télé, la radio, le lave-vaisselle, etc.
· Demandez à tout visiteur imprévu de partir : moins
il y a de gens, mieux c'est.
· Évitez les regards prolongés directement dans les
yeux.
· Évitez de toucher la personne.
· Assoyez-vous et demandez à la personne de s'asseoir aussi.
Changements de coordonnées
Souvent, un proche ou un(e) ami(e) déménage ou change ses
coordonnées sans en informer qui que ce soit. Les travailleurs
sociaux et les professionnels de la santé mentale ont tendance
à dire aux parents : " Laissez-lui assumer la responsabilité
de cette conduite " ou " Cela lui donnera une leçon ".
Ce genre de conseil nous fait voir à quel point beaucoup de travailleurs
de la santé ne comprennent pas la nature de la schizophrénie.
Nos conseils sont différents.
Nous savons par expérience que beaucoup de personnes atteintes
de schizophrénie sont incapables de prendre l'initiative d'informer
les autres de tels changements. Si nous attendons qu'ils le fassent, nous
risquons fort de créer un problème beaucoup plus compliqué,
qu'il faudra résoudre quand les conséquences de cette inaction
produiront leur effet. Par exemple, un chèque de pension ou d'aide
sociale n'est pas envoyé au bon endroit et la personne se trouve
privée de ses ressources financières. Les factures ne sont
ni reçues, ni payées. Les comptes bancaires en souffrance
ne sont pas réglés. Le loyer n'est pas payé et la
personne se retrouve dans la rue. Elle perd ses biens. Son logement n'est
pas nettoyé. Nous vous conseillons de vous occuper de ces choses
si vous croyez que votre proche ou votre ami(e) ne le fera pas.
Offrez-lui des choix
Tout le monde aime se sentir en possession de sa propre vie. Il est parfois
difficile de persuader une personne atteinte de schizophrénie de
faire ce qui lui convient le mieux. Pour cette raison, il est bon de lui
offrir des choix. Le genre de question : " Est-ce que tu veux faire
ta promenade maintenant ou après le repas " peut être
une bonne façon de lui suggérer de marcher, ou de prendre
une douche ou de faire une activité que vous jugez utile ou divertissante.
La personne atteinte de schizophrénie éprouve souvent des
sentiments qui changent fréquemment; ainsi, une chose qu'elle refuse
maintenant peut être voulue ou souhaitée plus tard, dans
un jour ou une semaine.
Les visites chez le médecin
Une personne atteinte de schizophrénie présente son point
de vue : " Beaucoup de mes connaissances se plaignent que les psychiatres
ne servent qu'à prescrire des médicaments et à donner
des injections, et ils ont peut-être raison. Mais, il y a des gens
qui veulent voir un psychiatre pour recevoir des conseils. Ils veulent
lui parler de leurs problèmes de logement et de ce qu'il peut faire
pour les aider à retourner au travail ou, du moins, savoir quelles
sont leurs chances de succès s'ils essaient. Je ne sais pas s'il
y en a qui ont la chance d'avoir un psychiatre qui peut les aider de cette
façon. Le plus souvent, ce que j'entends c'est : " Va voir
ta travailleuse sociale ". Mais l'un des gars que je rencontre quand
je vais à ma consultation me dit que la travailleuse sociale n'est
jamais là quand il se présente à ses rendez-vous.
Mon problème c'est que je me sens si angoissé lorsque je
franchis la porte du centre des consultations ambulatoires que quand le
médecin m'appelle, je n'ai plus qu'une envie : sortir de là
au plus vite ! Alors, quand il me demande " Comment ça va?
", je réponds " Ça va " et c'est ainsi que
je continue de répondre à toutes ses questions. Il essaie
de m'aider, mais moi, je me sens prêt à exploser. C'est ce
qui me fait penser que mon psychiatre ne sert qu'à prescrire des
pilules. "
Le temps des Fêtes
" J'ai horreur du temps des Fêtes où tout le monde est
censé se retrouver en famille pour manger, boire et s'amuser ensemble.
Pour moi, ces occasions me ramènent à l'esprit mes déceptions,
mon amertume, ma tristesse et tout un tas d'autres émotions. Depuis
des années, pour moi et ma famille, Noël n'est pas une période
joyeuse. Cela me rappelle les fois que mon frère était à
l'hôpital, les fois qu'il était à la maison, mais
dans un état instable, les fois qu'il a fallu l'hospitaliser pendant
la période des Fêtes, les fois que la police est venue chez
nous. Si, moi, j'en ai horreur, qu'est-ce qu'il ressent, lui? Quand il
sait qu'on s'attend à ce qu'il se comporte bien, cela se passe
bien pendant quelques heures, mais après un bout de temps, il n'en
peut plus : il se replie sur lui-même et devient très agité.
L'année dernière, chacun des membres de la famille en visite
a passé un moment en tête à tête avec mon frère
et cela a eu l'air de mieux marcher. Au moins, comme ça, il a su
qu'il était important pour chacun de nous. Mais, quand l'heure
du gros dîner de famille est arrivée, il a disparu dans sa
chambre. Il est incapable d'absorber tout le bruit, les gens, les bribes
de conversation : c'est au-dessus de ses forces. "
En guise de conclusion
Est-ce que vous aidez un frêle vieillard à traverser la rue?
Utilisez ce modèle pour guider votre réflexion sur votre
façon de traiter une personne qui souffre de schizophrénie
dans votre milieu et de communiquer avec elle. Il n'est pas nécessaire
de faire preuve d'un excès de zèle, mais il ne faut pas
faire comme si elle n'existait pas non plus. Essayez d'ouvrir une conversation
avec elle, mais sans vous imposer. Tout comme une personne physiquement
frêle, une personne atteinte de schizophrénie ne peut pas
se défendre aussi bien que quelqu'un qui est en pleine possession
de ses moyens, physiquement et mentalement.
Certains patients prennent de fortes doses de médicaments qui
rendent leur langage traînant ou les fait réagir lentement.
(Et très souvent, cela est interprété comme l'effet
de l'alcool.)
Tenez compte du fait que, parfois, la personne peut ressentir de l'anxiété
et se replier sur elle-même. Laissez-la faire, mais gardez la porte
ouverte. Suggérez-lui, par exemple, de vous rendre visite quand
elle se sentira en meilleure forme. Offrez-lui un gâteau, une plante,
une douceur ou un geste amical. Envoyez-lui de temps à autre une
carte postale ou une carte de souhaits où vous écrivez quelques
mots gentils.
Feuillet no 17a - revu en fév. 03
L'ASSOCIATION MONDIALE DE LA SCHIZOPHRÉNIE ET DES MALADIES APPARENTÉES
(WORLD FELLOWSHIP FOR SCHIZOPHRENIA AND ALLIED DISORDERS)
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