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La protection de votre propre santéÀ l'intention des familles dont un membre est atteint d'une maladie mentaleIntroduction Les étapes successives décrites dans ce feuillet sont celles que doit franchir quiconque se voit atteint d'une maladie grave. D'abord, c'est l'incrédulité et le refus de l'évidence, suivis de près par le blâme et la colère. Quand une personne se voit atteinte d'un trouble mental tel que la schizophrénie, ses sentiments et ses émotions ne changent pas tellement. La différence est le temps nécessaire pour reconnaître la présence d'une maladie mentale et le besoin de se faire traiter. Nous espérons que les quelques idées proposées ici aideront les familles à comprendre que les sentiments de perte, de blâme et d'abattement sont tout à fait normaux et qu'il existe des moyens de surmonter ces obstacles avec le temps.
Il n'y a pas de solution facile à ce problème, si ce n'est de s'assurer que chacun est renseigné sur la schizophrénie, de manière à pouvoir reconnaître certains événements survenant dans la famille comme potentiellement liés à la maladie. Il se peut que le temps soit le remède nécessaire à l'acceptation, même en présence de bonnes connaissances et d'un soutien convenable.
Il se peut que vous pensiez que vous ne pouvez dire à personne qu'un membre de votre famille est atteint de schizophrénie. Malheureusement, les tentatives de cacher la réalité ou d'utiliser des subterfuges n'auront pour effet que d'aggraver un problème qui est lui-même déjà bien assez difficile. Confiez-vous à vos amis intimes parce qu'ils sauront vous offrir leurs sympathies et leur soutien. Il est parfois difficile de trouver les bons mots pour dire les choses. Parler de la schizophrénie comme d'un " dérèglement mental " ou d'un " trouble de la pensée " permet d'ouvrir la porte à des explications si vous avez de la difficulté à utiliser le mot. Présentez quelques-uns des symptômes. Vos amis voudront savoir, comme cela a été le cas pour vous, ce qu'est la schizophrénie. Vous pourriez vous joindre à un groupe d'entraide où vos problèmes seront traités en toute confiance, où vous pourrez parler librement de vos expériences et de vos peurs. Dans de nombreux pays, les organismes familiaux axés sur la schizophrénie offrent un service téléphonique de secours où vous pouvez présenter votre situation. Cette même source peut aussi vous donner des renseignements. De plus, le Web offre la possibilité de " bavarder " avec les autres.
En écoutant des personnes renseignées, dans le contexte d'un groupe d'entraide (la WFSAD peut vous donner des choses à lire là-dessus ou vous mettre en rapport avec un groupe local), en regardant des documentaires ou en écoutant des émissions de radio sur la schizophrénie, et en parlant à d'autres familles aux prises avec des problèmes semblables, vous vous rendrez compte qu'il ne faut pas vous blâmer vous-même. De plus en plus, la recherche révèle que la schizophrénie est une maladie biologique affectant le cerveau et que sa cause demeure inconnue. Il arrive souvent, particulièrement entre frères et surs, qu'une personne se sente coupable. Il est difficile de se réjouir de ses propres succès - un premier emploi, l'université, des relations amoureuses - alors que son frère ou sa sur ne connaît rien de tout cela. Paradoxalement, le fait de se laisser toucher par ces choses peut réduire sa propre valeur personnelle. Vos parents pourraient ne pas valoriser vos réalisations personnelles parce qu'il ne veulent pas troubler la personne qui est malade. Le soutien de vos bons amis devrait vous aider à vous redonner votre sens d'estime personnelle et votre capacité d'éprouver de la fierté pour vos succès. Les parents ne doivent pas négliger leurs enfants bien portants.
Quand la colère et la douleur deviennent trop fortes, trouvez moyen de vous libérer de ces sentiments de la manière la plus inoffensive possible, en dehors du cadre familial. Des activités physiques vigoureuses sont une bonne façon de décharger ces émotions. Dans un cas, un membre de la famille d'un malade a acheté un punching bag d'occasion et l'a suspendu dans le garage. Un autre se rendait en voiture dans un lieu éloigné et hurlait à pleins poumons pendant plusieurs minutes pour libérer la tension accumulée. Un autre proche, qui aimait le squash, s'assurait d'aller jouer chaque fois qu'il était aux prises avec l'anxiété. D'autres proches prennent simplement l'habitude d'aller faire de longues promenades ou de la course. Tout le monde devrait être capable de pleurer, une façon naturelle dont dispose l'organisme pour réduire la tension. Personne n'est parfait. Il y aura des moments où votre colère transparaîtra et où vous passerez vos frustrations sur la personne malade en élevant la voix. On regrette souvent amèrement les choses dites sous l'influence de la colère. Essayez de rester maître de vos émotions. L'acceptation La reconnaissance d'un trouble mental signifie d'abord la prise de conscience de la stigmatisation et de la peur qu'il suscite dans la société. Si vous acceptez ce que disent les gens sur la présence prolongée de la maladie, vos espoirs de guérison sont compromis. Les familles continuent parfois à poursuivre les mêmes objectifs pour leur proche malade, en dépit des limites que leur maladie peut leur imposer. La famille, tout autant que la personne concernée, doit être consciente du caractère débilitant des symptômes de la schizophrénie, tout en conservant l'espoir. Une fois qu'on y arrive, les moindres signes de guérison peuvent susciter l'optimisme et la joie. Il faut être patient. Vous pouvez comprendre qu'il vous faut accepter l'inévitable, mais mettre beaucoup de temps à réellement accepter cette réalité. Le fait d'être bien renseigné sur la maladie peut aider la famille à comprendre et à commencer à accepter. Lisez les excellents livres qui existent sur le sujet (voir notre liste de suggestions). L'acceptation ne veut pas dire l'abandon de l'espoir. Cela veut dire que vous réduirez les frustrations dont la source réside dans le fait de se fixer des objectifs non réalistes.
Beaucoup de familles sont conscientes de l'importance d'avoir un bon sens de l'humour dans les moments difficiles. Le rire est thérapeutique, pourvu que les gens rient tous ensemble. Des périodes de temps à l'écart du malade aident à " recharger la batterie ". Il se peut que les membres de la famille aient l'habitude de toujours passer les vacances ensemble. Mais, si cela n'est plus possible, maintenant, chaque membre de la famille doit s'assurer d'avoir des moments de loisir libres de tout souci.
Remerciements
L'ASSOCIATION MONDIALE DE LA SCHIZOPHRÉNIE ET DES MALADIES APPARENTÉES (WORLD FELLOWSHIP FOR SCHIZOPHRENIA AND ALLIED DISORDERS) 124 Merton Street, Suite 507, Toronto, Ontario, M4S 2Z2, Canada © 1997-2003 World Fellowship for Schizophrenia and Allied Disorders |